Samedi 28 mai 2016

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La confiance envers les entreprises a considérablement diminué au Canada

Selon le Baromètre de confiance 2015 d’Edelman, l’innovation en affaires évolue à un rythme trop rapide aux yeux des Canadiens

3 février 2015, Toronto –  La 15e édition annuelle du Baromètre de confiance d’Edelman constate un effritement de confiance jusqu’à des niveaux records au Canada, notamment envers le gouvernement, les médias et les entreprises, qui descendent tous sous la barre des 50 %. La confiance envers les entreprises a connu le recul le plus marqué, à 47 %, une baisse de 15 points, la plus forte parmi les 27 pays étudiés.

« Cette baisse de confiance n’étonne pas vraiment compte tenu de la couverture médiatique du monde des affaires au cours de la dernière année, a indiqué John Clinton, chef de la direction chez Edelman Canada et Responsable, Création et contenu pour l’Amérique du Nord. Il suffit de penser aux multiples violations de données à caractère personnel, aux rappels de plusieurs modèles de voitures, ainsi qu’à la couverture négative des entreprises employant des stagiaires non rémunérés. Il est facile de voir pourquoi la confiance envers les entreprises s’est érodée autant. »

Le cynisme croissant du public à l’égard de la quête persistante de l’innovation au sein du monde des affaires pourrait également nuire à la confiance. Pour la première fois, le Baromètre s’est intéressé au lien entre confiance et innovation, remarquant une tendance vers une certaine lassitude et un doute grandissant quant aux véritables bénéfices des innovations récentes.

Bien que l’innovation soit un élément crucial de la réussite des entreprises, une majorité de répondants canadiens (53 %) estime qu’elle se produit désormais beaucoup trop rapidement et qu’elle est motivée par les mauvaises raisons. En effet, 80 % des répondants estiment qu’elle est dictée avant tout par des objectifs de croissance, et 75 % s’entendent pour dire que la cupidité ou l’argent sont les principaux moteurs de changement chez les entreprises. En comparaison, seulement 15 % sont d’avis que les entreprises innovent pour améliorer la vie des gens, ou pour rendre le monde meilleur (14 %).

Ces résultats traduisent un cynisme plus grand au Canada qu’ailleurs dans le monde, où, en moyenne, une personne sur trois est d’avis que l’innovation est animée par la volonté d’améliorer la vie des gens, et le quart croit qu’elle veut avant tout rendre le monde meilleur.

« Ce qu’on peut conclure, c’est qu’il n’est plus possible de promouvoir une innovation uniquement en vantant les caractéristiques ou les spécifications d’un produit, a ajouté M. Clinton. Les consommateurs s’attendent à des changements ou des innovations ayant une influence positive sur leur qualité de vie. Les marques doivent donc faire des liens entre leurs produits et les défis et les craintes auxquels les consommateurs sont confrontés au quotidien. Les marques doivent démontrer qu’elles répondent à de véritables besoins, plutôt que de mettre sur le marché un tout nouvel objet n’ayant pas été complètement testé et approuvé. »

La confiance varie fortement d’une innovation à l’autre. La confiance est par exemple plus élevée dans les secteurs de la technologie et des services financiers, notamment en ce qui concerne les paiements électroniques et mobiles (57 %). Par contre, les innovations proposées dans les secteurs de l’énergie et de l’alimentation, comme la fracturation hydraulique (36 %) et les aliments génétiquement modifiés (23 %), sont accueillies avec une plus grande dose de scepticisme. De plus, la confiance envers un secteur du marché n’assure pas la confiance envers n’importe laquelle de ses innovations. Le secteur alimentaire par exemple inspire une très grande confiance (65 %), mais seulement 24 % se fient aux développements concernant les aliments génétiquement modifiés.

Les répondants ont identifié quelques mesures qui pourraient améliorer la confiance envers un secteur de l’industrie voulant mettre de l’avant une innovation : rendre disponibles à la consultation les résultats aux tests (80 %), réaliser des essais cliniques (71 %) et s’associer avec des tiers crédibles, notamment des institutions universitaires (69 %).

« Il existe de véritables occasions d’affaires pour bâtir la confiance envers l’innovation. Pour les saisir, les entreprises doivent être réellement transparentes sur ce qu’elles offrent et ce qui les motive, en menant un dialogue ouvert et sincère avec les parties intéressées, a conclu M. Clinton. Parler moins et écouter plus profitera à tous. »

Voici d’autres conclusions importantes du Baromètre de confiance 2015 d’Edelman :

  • Les ONG demeurent l’institution qui suscite le plus de confiance au Canada à 67 %, soit 18 % de plus que le gouvernement, en deuxième place à 49 %;
  • Le Canada se trouve désormais en milieu de peloton par rapport au reste du monde, après avoir été pendant longtemps un pays où la confiance était très élevée;
  • De façon générale, la confiance envers les médias a baissé de 11 points à 47 %, le changement le plus important après celui subi par les entreprises;
  • Les médias traditionnels demeurent la source médiatique la plus fiable pour les Canadiens, passant malgré tout de 70 à 62 %, une quatrième baisse consécutive; la confiance envers les moteurs de recherche a quant à elle baissé de 62 à 55 %;
  • Au niveau mondial, les entreprises dont le siège social est situé au Canada inspirent la confiance de 75 % des Canadiens, en deuxième place;
  • Les entreprises familiales sont de loin le type d’entreprise auquel les Canadiens font le plus confiance, à 79 % et par une marge de 34 %, lorsque comparées aux autres types étudiés;
  • Malgré une baisse de 13 %, les experts de l’industrie et les universitaires demeurent des porte-paroles crédibles (60 %); les chefs d’entreprise n’obtiennent la faveur que de 28 % des Canadiens, soit bien moins que la moyenne globale (43 %);
  • La très grande majorité (80 %) estime que le profit et l’altruisme ne sont pas nécessairement mutuellement exclusifs.

 

À PROPOS DU BAROMÈTRE DE CONFIANCE EDELMAN

Le Baromètre de confiance Edelman 2015 est le 15e sondage annuel de l’entreprise portant sur la confiance et la crédibilité. Il a été réalisé par la firme de recherche Edelman Berland et comprenait des entrevues en ligne d’une vingtaine de minutes tenues du 13 octobre au 24 novembre 2014. Le Baromètre de confiance 2015 d’Edelman a échantillonné 27 000 répondants de la population générale, avec un suréchantillon de 6 000 citoyens bien informés âgés de 25 à 64 ans à travers 27 marchés, dont 200 au Canada. Tous les citoyens bien informés satisfaisaient aux critères suivants : ont fait des études supérieures; le revenu de leur ménage est dans le premier quartile pour leur âge dans leur pays; lisent ou regardent les nouvelles plusieurs fois par semaine et suivent les discussions sur les politiques publiques dans les nouvelles plusieurs fois par semaine. Pour plus d’information, visitez le www.edelman.com/trust2015.

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